In The Media

Les Casques bleus canadiens seront déployés au Mali pendant au moins un an

by Melanie Marquis (feat. Jocelyn Coulon)

The Canadian Press
March 19, 2018

Les Casques bleus canadiens s'apprêtent à effectuer leur retour dans les missions de la paix des Nations unies. Il aura fallu attendre près de deux ans, mais le gouvernement Trudeau a finalement annoncé, lundi, un premier déploiement d'envergure. Et c'est au Mali que cela se fera.

La contribution du Canada prendra la forme d'une force opérationnelle aérienne auprès de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) pour une période de 12 mois.

Le Canada fournira deux hélicoptères Chinook pour le transport et la logistique et quatre hélicoptères Griffon pour assurer une escorte et une protection armées, ont précisé la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, et le ministre de la Défense, Harjit Sajjan.

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Il faudra attendre encore un peu pour savoir combien de militaires canadiens feront partie de la périlleuse mission qu'est la MINUSMA. "Je ne peux pas vous donner un chiffre maintenant", a lâché le ministre Sajjan en conférence de presse dans le foyer des Communes.

À ses côtés, sa collègue Freeland a toutefois été catégorique: "Ça va absolument faire une différence concrète sur le terrain", a-t-elle assuré avant de quitter le bref point de presse où les deux ministres ont fait leur annonce.

La date du déploiement demeure à déterminer. Le Canada doit communiquer son engagement auprès de l'ONU, puis les Forces armées canadiennes lanceront le processus de planification en collaboration avec l'ONU, leurs partenaires et le pays hôte, a précisé le gouvernement.

Le contingent qu'enverra le Canada dans cette mission onusienne comptera un grand nombre de femmes, conformément aux objectifs du plan d'action 2017-2022 dévoilé en novembre dernier, qui vise à accroître la représentativité féminine dans ces missions multilatérales.

La MINUSMA est la plus meurtrière des missions onusiennes en cours: plus de 160 Casques bleus y ont péri depuis sa création, en avril 2013. La ministre Freeland a assuré que ce facteur avait été pris en considération dans le processus décisionnel "prudent" et "réfléchi".

La dangerosité de l'opération a été soulevée par l'opposition conservatrice, qui a signalé son intention de réclamer la tenue d'un débat d'urgence à la Chambre des communes immédiatement après l'annonce des deux ministres.

Un peu plus tard, lors de la période de questions, le premier ministre Justin Trudeau a fait preuve d'ouverture à cet égard. "Nous allons faire ça en toute transparence, et nous avons hâte d'avoir un bon débat ici en Chambre", a-t-il exposé.

"Nous avons déjà approché l'opposition pour discuter de la manière de procéder avec un débat, et nous nous réjouissons de parachever les plans au cours des prochaines semaines", a-t-il ajouté.

"Pas de paix à protéger"

Débat ou pas, l'opposition officielle semble avoir déjà fait son nid, déployant trois élus pour tailler en pièces le plan libéral aussitôt celui-ci annoncé, lundi matin. Les députés ont tour à tour plaidé que la mission malienne n'en était pas une de paix.

"Le Mali est une zone de guerre. Il n'y a pas de paix à protéger", a tranché Pierre Paul-Hus au lutrin.

Le député a ajouté que l'envoi de troupes canadiennes ne servait en rien l'intérêt national du pays, mais bien celui de Justin Trudeau - le premier ministre, a-t-il accusé, utilise les soldats canadiens comme monnaie d'échange pour obtenir un siège au Conseil de sécurité de l'ONU.

Son collègue James Bezan a dit regretter que le déploiement des Casques bleus canadiens soit subordonné à la volonté de l'organisation internationale. "Est-ce qu'un fonctionnaire de l'ONU à New York va dire à nos troupes quoi faire?", a-t-il demandé.

Contribution bienvenue même si tardive

L'envoi de troupes au Mali représente "un pas dans la bonne direction", bien qu'il s'agisse d'une participation somme toute "modeste et limitée dans le temps", a réagi dans un courriel le politologue Jocelyn Coulon, spécialiste en opérations de paix.

Celui qui fut l'un des conseillers de l'ancien ministre des Affaires étrangères Stéphane Dion se demande par ailleurs pourquoi le gouvernement libéral a "procrastiné aussi longtemps" alors que "tous ces éléments étaient prêts à être déployés en 2016, début 2017".

Le directeur du Centre FrancoPaix de la Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques, Bruno Charbonneau, partage la même lecture. Il souligne que le Canada a loupé une occasion de prendre le commandement de la MINUSMA l'an dernier.

Cela aurait pu permettre de façonner la mission plutôt que d'y contribuer avec l'envoi d'une force qui aura un impact somme toute "très limité", a-t-il fait valoir en entrevue téléphonique avec La Presse canadienne.

"Tout de même, l'ONU va applaudir et va être très contente d'un engagement aérien, parce que le Mali est un immense pays, et le nord du pays est semi-désertique et désertique, donc l'accès n'est pas facile. Donc c'est sûr qu'on a toujours besoin d'hélicoptères", a-t-il exposé.

Le chercheur estime que la contribution canadienne sera bénéfique non seulement pour la mission de paix malienne, mais aussi pour la santé des "relations avec les alliés européens, notamment, qui voient dans la mission de l'ONU une mission très importante pour eux".


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